D’autres jardins secrets de Metz …

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Quelle ville n’a pas ses jardins secrets ? Plus hautes sont les murailles jouxtant les rues, plus beaux sont leurs jardins qui se cachent juste derrière ! A Metz en septembre, nous profitons des Journées européennes du patrimoine et de l’opération Jard’in Metz des espaces verts de la Ville pour pousser les grands portails et portes dérobées qui les cachent habituellement à la vue des promeneurs.

La Colline Sainte Croix a les siens, nichés sur ses flancs et son sommet. Certains parmi eux offrent des points de vue inédits et inoubliables sur la Cathédrale Saint Etienne.  Quelle que soit la face dont on le regarde, cet édifice est une splendeur ! A son pied, d’autres vieux édifices recèlent de trésors architecturaux et naturels que j’ai eu le bonheur de découvrir, et qui nourrissent ce deuxième article sur les jardins secrets de Metz.

Méditation au jardin de l’Hôtel de Ville

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Ce jardin n’est accessible au public que lors de l’opération Jard’in Metz ! Le reste de l’année, on devine ce jardin depuis la rue du Four du Cloitre : des branches feuillues débordent par-dessus le mur et composent un grand ovale de verdure qui ramène un peu de nature sur ce carrefour où règnent le béton et la Pierre de Jaumont. On accède dans ce jardin municipal en franchissant le grand portail rouge de la rue de la Princerie, puis en osant s’engouffrer dans le bâtiment fléché « Cabinet du Maire ». A la sortie du petit couloir gris, un simple rectangle de verdure encadré d’arbres et un peu de mobilier de jardin, surplombés par les nombreux personnages de la statuaire de la Cathédrale Saint Etienne. On distingue très bien l’ange rouge et sa trompette à la poupe du navire sacré de Metz, mais aussi la très belle statuaire de saints et d’apôtres. Le jardin est occupé par un magnifique arbre au tronc noueux et fascinant. Mais il est si dépouillé par ailleurs qu’on doit élever son regard vers le ciel et vers la Cathédrale. C’est un jardin bien plus méditatif qu’il n’y paraît !

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Voyage dans le temps dans le jardin de la résidence Morlanne, l’ancienne maternité Sainte Croix

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Voici encore des murs que je longe tous les jours, sans avoir jamais deviné les jardins et bâtiments qu’il pouvait y avoir derrière ! Et pourtant, cette résidence représente une assez grande superficie du sommet de la Colline Sainte Croix ! La résidence Morlanne est aujourd’hui un ensemble de 147 logements sociaux gérés par le bailleur Batigère, mais la plupart des Messins connaissent ce vaste ensemble en pierre de Jaumont en tant que Maternité Sainte Croix. Certaines amies de ma fille juste avant sa fermeture en janvier 2013 (aux côtés de quelques cafards, m’a-t-on dit !). Pour ma part, j’ai admiré la magnifique rénovation (en Bâtiment Basse Consommation !) de la Maternité, avec des espaces communs magnifiquement entretenus et paisibles au milieu de façades immaculées. En réalité, cet ensemble regroupe l’ancienne maternité Sainte Croix et le couvent Saint Elisabeth. On repère celui-ci à la petite croix qui surplombe la porte marronne indiquée Résidence Morlanne. Les Sœurs y vivent toujours et vont encore à l’office deux fois par jour dans la chapelle visible depuis la rue des Récollets !

Dans la cour d’honneur, on aperçoit à travers la grille de la rue Haut de Sainte Croix la statue de ce fameux Monsieur Morlanne : Etienne-Pierre Morlanne a vécu au tournant des XVIII et XIXèmes siècles à Metz, où il était médecin gynécologue pour les femmes pauvres et a fondé l’association de sages-femmes devenus congrégation des sœurs de la charité maternelle, celles qui occupaient ce couvent. Je vous recommande d’aller lire la biographie de ce Messin très brillant mais hélas méconnu !

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Cours de botanique dans les jardins du cloître des Récollets

Le Cloître est actuellement en travaux, mais les deux petits jardins n’ont rien perdu de leur charme ! Si je connaissais déjà celui des plantes médicinales, je n’avais encore jamais exploré celui des plantes toxiques, situé au fond à gauche après avoir franchi le grand portail rouge. Il faut oser s’enfoncer entre les deux bâtiments de l’Institut européen d’écologie vers les plants de tabac en arrière fond !

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Cinquante plantes toxiques s’épanouissent dans ce petit jardin. Ici, le monde entier tient dans un espace d’à peine cent mètres carrés !

Il s’agit en fait de plantes médicinales, utilisées pour produire des médicaments anti-cancer et antidouleur. La Société française d’Ethnopharmacologie propose des visites guidées l’été, pour découvrir toutes ces plantes venues du monde entier et leurs vertus pour la guérison.

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Béatitude au jardin de la Préfecture

Chaque jour, je contourne ce jardin en longeant sa muraille sur la rue du Pont Moreau et la Place de la Préfecture. Il aura fallu accepter une fouille corporelle et l’escorte continue d’un monsieur de la sécurité ou d’un stagiaire de la Préfecture pour accéder à ce paisible jardin, qui offre l’une des plus belles vues sur la cathédrale, dans la lumière incomparable des débuts de soirée de septembre… Dans le fond du jardin, la Moselle coule derrière l’épais rideau de verdure, qui se déchire pour laisser entrevoir la flèche solitaire du temple de la garnison.

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Dans le jardin, j’ai même noté que l’Etat se fait écolo-friendly avec l’installation d’un petit potager et de nichoirs à oiseaux ! La Préfecture ouvre son joli jardin à d’autres moments dans l’année, lors d’événements de sensibilisation du public à la biodiversité comme la Fête de la Nature.

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Fortes impressions dans le jardin de l’ancienne abbaye Saint Clément

Ce jardin prend place dans le cloitre de ce vaste bâtiment en Pierre de Jaumont qui connut plusieurs vies et plusieurs aspects au fur et à mesure des travaux d’aménagement, d’agrandissement ou de réparation : abbaye de Bénédictins (mais il ne restait que sept moines dans ce vaste édifice à la veille de la Révolution !), entrepôt militaire (pour les lits des soldats !), collège de Jésuites (où passa Ferdinand Foch, futur Maréchal de France), école normale pendant l’Annexion, hôpital pendant la Première Guerre, camp de transit pour déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale, puis hôtel de Région.

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Ce cloitre ressemble à deux autres cloitres du centre-ville de Metz, qui n’ouvrent eux aussi leurs portes au public qu’à de rares occasions : celui de l’abbaye Saint Arnold (un autre jardin secret de Metz) et celui de l’ancienne abbaye Saint Vincent, devenue lycée Fabert. On en reconnaît les piliers épais, renforcés de contreforts et surmontés d’ailerons (un élément d’architecture en forme de rouleaux). Et pour cause ! Tous trois ont été construits au tournant du XVIIème siècle par des architectes aux influences italiennes. C’est le Messin Jean Spinga qui a dessiné les hautes voûtes du cloitre.

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Cet été, les voûtes étaient ombragées par les toiles vertes de l’artiste François Genot dans le cadre de l’exposition Croître mais demeurer, l’une des nombreuses expositions de la saison culturelle Constellations. Ces toiles sont faites de bâches de chantier (on en reconnaît le vert sombre si caractéristique), sur lesquelles l’artiste a imprimé des photos de saule. Leurs feuillages artificiels se balancent doucement dans les courants d’air qui traversent le cloitre et font danser les toiles / voiles. L’ensemble était à la fois doux par les sensations – celles de l’air qui fait flotter les voiles – et violent par le contraste visuel entre le vert sombre des toiles, l’ocre sauvage des plafonds des voûtes et le jaune très chaud de la Pierre de Jaumont.

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Nous arrivons à la fin de cette promenade à travers les jardins secrets du vieux Metz, mais je suis certaine que celui-ci ne nous a pas encore tout révélé ! En attendant de nouvelles découvertes, je vous invite à voir les tout premiers jardins secrets que j’avais explorés à Metz il y a deux ans et dont j’avais rapportés photos et impressions dans cet article. Et je vous laisse avec cette jolie citation qui révèle parfaitement ce que j’ai ressenti dans ces jardins, extraite du roman La Mare au diable de George Sand :

La nature est éternellement jeune, belle et généreuse. Elle possède le secret du bonheur, et nul n’a su le lui ravir.

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