Les beaux monuments de Metz en photos … pour combattre les clichés sur la Ville

C’est sur le web que j’ai vu Metz pour la première fois : au moment où mon mari s’apprêtait à accepter un poste dans cette ville, j’ai cherché des photos susceptibles de me faire découvrir et aimer les paysages de la ville, afin de projeter ma nouvelle vie là-bas. Auparavant, Metz se résumait pour moi à une seule image : celle du Centre Pompidou Metz.
Une recherche sous Google Images ou Pinterest (car je n’étais pas encore utilisatrice d’Instagram à l’époque) a imprimé sur ma rétine d’autres monuments de Metz plus anciens, emblématiques de son histoire et son identité.
Pendant ce premier mois à Metz, j’ai eu le temps d’aller les voir in situ par temps bleu, par temps gris, par temps mitigé … Je vous propose donc un panorama des clichés de Metz les plus connus et reconnus, avec quelques explications sur leur architecture et leur fonction. J’espère ainsi vous laisser voir au-delà des clichés mentaux sinistrés sur les régions de l’Est, et vous donner envie de venir prendre vos propres clichés !

Commençons par les monuments de Metz les plus valorisés sur Google Images, et sans doute les plus photographiés par les touristes messins. Il s’agit de deux monuments religieux : en hauteur, la grande boîte à bijoux richement ouvragée à la pierre jaune et au toit vert est la Cathédrale Saint-Etienne. En bas, le haut édifice gris dont les trois clochers lient les eaux de la Moselle au ciel est le Temple Neuf.

La cathédrale Saint-Etienne et le Temple Neuf : deux monuments qui se font face géographiquement et symboliquement

Tandis que les hauteurs du vieux centre de Metz sont occupées par les plus vieilles églises et la cathédrale, le Temple neuf a les pieds dans l’eau puisqu’il a été bâti sur l’une des îles de la Moselle. Oui, comme Paris ou Nantes, Metz a aussi son île en pleine ville ! Elle en a même plusieurs, par les caprices de la nature et les grands travaux. Elle a été fondée au croisement de la Moselle (affluent du Rhin qui a donné son nom au département dont Metz est le chef-lieu) et de la Seille.

 

Vue sur la cathédrale Saint-Etienne, le Temple Neuf, le clocher du Temple de la Garnison et les îles de Metz
Vue sur la cathédrale Saint-Etienne, le Temple Neuf, le clocher du Temple de la Garnison et les îles de Metz
Vue sur la Cathédrale Saint-Etienne, Metz, avril 2016
Vue sur la Cathédrale Saint-Etienne, Metz, avril 2016
La cathédrale est remarquable et remarquée par la taille de ses vitraux, qui mangent les deux tiers des façades des transepts ! Avec ses 6 500m² de vitres colorées, elle aurait la plus grande surface de vitraux de France.  Elle a été agrandie ou reconstruite à plusieurs reprises au fil des siècles, mais arrive à garder une certaine cohérence d’ensemble, comme si elle avait été conçue d’une traite, comme un objet. Est-ce pour ces raisons qu’elle est surnommée « La Lanterne du Bon Dieu » ? Outre la beauté stupéfiante de ce monument, qui est photographié à toute heure et sous toutes ses coutures et façades, la cathédrale a été rendue célèbre par la contribution de deux artistes contemporains à la fabrication de nouveaux vitraux après les destructions de la Seconde guerre mondiale : Marc Chagall a réalisé trois vitraux situés sur le transept nord, représentant des scènes de la Genèse et de la vie des Prophètes et des rois -, tandis que Jacques Villon, peintre et graveur cubiste (et grand-frère de Marcel Duchamp), a imaginé cinq baies vitrées sur la crucifixion de Jésus-Christ.
Le Temple Neuf, Metz
Le Temple Neuf, Metz
Si la flèche de la cathédrale a percé le ciel lorrain depuis plus de plus de cinq siècles déjà, les clochers du Temple neuf n’ont été dressés qu’à l’aube du XXème siècle. Ce Temple a en effet été construit à l’initiative des Allemands qui occupaient Metz et voulaient créer un grand monument pour célébrer le culte protestant. Son style néoroman rhénan et sa pierre grise apportent un contraste saisissant avec la pierre jaune de la cathédrale et l’opéra théâtre qui encadrent le Temple sur l’une et l’autre rive de la Moselle. Le contraste entre les pierres grises et jaunes a été voulu pour marquer la présence protestante dans un paysage messin hérissé de clochers catholiques !
Grâce à Pinterest, qui propose une gamme plus large d’images, je me suis familiarisée avec d’autres monuments recommandés par les guides touristiques, et médiatisés par les touristes eux-mêmes.

Metz restée sur ses gardes

Leur esthétique et leur fonction rappellent en permanence que Metz a été une scène de bataille majeure, qui a subi les assauts des plus grands guerriers de l’Histoire : les Romains, puis les Alamans, Attila, les Huns, puis les Rois de France et enfin les armées allemandes des guerres de 1870 et de 1939. Metz a donc élevé de nombreux bâtiments défensifs qui restent aujourd’hui des repères forts dans sa trame urbaine. Toutefois, les canons et les soldats ont cédé la place aux arbres et aux promeneurs, et les anciens Remparts de Metz offrent aujourd’hui une promenade éblouissante.

Ressemblant à un mini-château fort en pleine ville, la Porte des Allemands est le vestige d’une enceinte défensive construite dès le XIIIème siècle. A l’origine, cette porte faisait également office de pont enjambant la rivière de la Seille : aujourd’hui c’est un lieu qui peut se visiter tous les après-midi, et même se privatiser !

Au-delà des guerres de territoire, c’est une guerre architecturale éclair qu’a symboliquement livrée l’Allemagne à la France pendant sa courte occupation de Metz au début du XXème siècle. Les Allemands ont beaucoup construit dans la Ville, et voulu se démarquer des styles français par l’utilisation de leur influences architecturales propres et l’élimination de l’usage de la Pierre de Jaumont au profit du grès. Les deux monuments emblématiques de cette rupture sont la Gare et la Grand Poste.

Tout sauf la Pierre de Jaumont ! La Gare et l’Hôtel des Postes

Longue de 300 mètres, le grand monument gris de la Gare de Metz-ville emprunte aux églises sa silhouette massive, ses voûtes romanes et l’ornement de la façade par des statues. Face à elle campe l’Hôtel des Postes, monument de grès rose des Vosges.
Ces deux bâtiments imposants ont tenté de combiner qualité architecturale et fonctionnalité puisque leur grande taille devait permettre de charger et décharger rapidement des milliers de militaires et de marchandises en cas de guerre. Aujourd’hui, la gare de Metz est connue comme l’une des plus belles et étonnantes gares de France, et les monuments construits à Metz demeurent de rares vestiges de l’architecture allemande après les destructions causées par les bombardements en Allemagne lors de la Seconde guerre mondiale.

Le plus ancien théâtre à l’italienne en France

La Ville est donc un cours d’histoire et d’architecture à ciel ouvert ! Celle du XVIIIème siècle est représentée par l’opéra théâtre, délicat ensemble architectural construit sur une île de la Moselle et dont subsiste le plus ancien théâtre à l’italienne de France.
Place de la Comédie, Metz : vue sur l'opéra théâtre
Place de la Comédie, Metz : vue sur l’opéra théâtre

 

Le Centre Pompidou, nouvel emblème de Metz et son entrée dans le XXIème siècle

Enfin, l’architecture du XXIème siècle est aussi représentée à Metz avec le Centre Pompidou-Metz.

Ce bâtiment immaculé à l’architecture aérienne est le premier monument d’un quartier en pleine émergence : le Quartier de l’Amphithéâtre – ainsi nommé puisqu’à cet emplacement s’élevait un amphithéâtre et tout un quartier autour, au Ier siècle après JC (à l’époque gallo-romaine). Son emplacement stratégique, juste derrière la gare, a autorisé les décideurs de Metz Métropole à définir une programmation ambitieuse : un centre commercial doté d’un cinéma de 8 salles, un Palais des Congrès, un hôtel designé par Philippe Starck, des sièges sociaux et de très nombreux logements dont, paraît-il, les prix flambent déjà. Ainsi, le drapeau flottant en haut du mât – qui mesure 77 mètres en référence à l’année de l’inauguration du Centre Pompidou de Paris – se voit-il rejoint dans le ciel par de nombreuses grues qui s’activent pour achever la construction du quartier dans les cinq ans à venir.

Pour ce bâtiment emblématique, il a été fait appel à l’architecte japonais Shigeru Ban qui s’est inspiré pour son dessin d’un chapeau chinois déniché à Paris, tout en fusionnant cet apport avec des emblèmes architecturaux typiquement messins et français. Selon ce que m’a rapporté un Messin grand amateur des expositions du Centre, la baie vitrée de la galerie du troisième étage du Centre Pompidou, lorsqu’elle est dégagée de toute cloison pour les expositions, laisse apercevoir la cathédrale. Celle-ci prend alors les dimensions exactes du cadre de la fenêtre, qu’elle remplit comme un tableau, comme si elle était elle-même une oeuvre présentée dans le Centre d’exposition. J’irai prochainement vérifier !

Vue du Centre Pompidou Metz, à l'abri sous le chapeau chinois
Vue du Centre Pompidou Metz, à l’abri sous le chapeau chinois
Entrée du Centre Pompidou Metz
Entrée du Centre Pompidou Metz
Au-delà du cliché mental d’une ville austère et guerrière, Metz est donc bien une ville de culture, ville de théâtre et de musique : son opéra était là bien avant son temple des arts visuels modernes, le Centre Pompidou ! C’est cette identité métissée qui a d’ailleurs structuré l’argumentaire de la candidature de la Ville au Patrimoine mondial de l’UNESCO, défendue en avril 2016, et que je soutiens de tout coeur ! Et vous, êtes-vous convaincus ?
Les bâtiments les plus photographiés et relayés dans les guides touristiques et sur le web figurent évidemment parmi les monuments messins les plus beaux – mais d’autres gagnent aussi à être connus. Au-delà des monuments, Metz m’a séduite par ses somptueux panoramas sur la Moselle, ses vieilles rues, ou encore ses places comme l’Esplanade ou la Comédie. C’est tout cela que j’espère vous faire découvrir dans les prochains mois !
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