Double régal au Centre Pompidou Metz !

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Le 1er janvier 2017, je publiais ici même mes 17 résolutions pour approfondir ma découverte de Metz. J’ai tenu ma toute première de ces 17 résolutions : passer une journée au Centre Pompidou, en déjeunant au restaurant La Voile Blanche et en visitant l’exposition « Entre deux horizons » juste avant sa fermeture le 16 janvier. Cette exposition présentait 240 peintures, dessins, gravures et sculptures réalisées par les plus grands artistes français et allemands du XXème siècle. Les oeuvres sont issues des collections du Saarlandmuseum, qui les a gracieusement prêtées au Centre Pompidou Metz le temps de sa rénovation. L’anniversaire de mon mari a été le prétexte tout trouvé pour passer un bon moment dans le restaurant chic, avant d’aller faire connaissance avec les grands peintres allemands du XXème siècle !

Un moment de gastronomie au nouveau restaurant La Voile Blanche

La Voile Blanche est la nom de la brasserie au rez-de-chaussée, et du restaurant au premier étage, situés dans le bâtiment du centre d’exposition – et donc sous sa voile blanche si caractéristique au Centre Pompidou. Après moultes rebondissements liés à l’aménagement d’une terrasse couverte et au départ de ses deux premiers gérants (chroniqués consciencieusement par le Républicain Lorrain), l’établissement a réouvert ses portes en juillet 2016 sous la houlette du chef messin Eric Maire.

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Le chef Eric Maire avait pour projet de servir une cuisine gastronomique à partir de produits bio, locaux et frais. J’adore l’intention, mais je regrette que la provenance locale et bio des produits ne soit pas davantage valorisée sur la carte ou dans la présentation des plats par les serveurs ! Quelle que soit leur origine, il s’agit en tout cas de produits de luxe : foie gras, homard, saint jacques, morilles, truffes… Les entrées sont à 15€ minimum, les plats autour de 24€ et les desserts à 10€. Ils les valent à mon avis car les plats sont généreux, et les produits bien cuisinés. A la brasserie située en-dessous, les produits sont moins nobles et les tarifs plus faibles.

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Carte d’hiver de La Voile Blanche, restaurant du Centre Pompidou Metz

 

J’ai dégusté l’oeuf mollet aux morilles, dont la première bouchée restera inoubliable ! Mais je me souviens déjà moins du turbot servi ensuite… Enfin, j’ai choisi un café gourmand qui m’a permis de goûter quelques desserts proposés à la carte : la mousse de framboise (au goût de bonbon chimique, à éviter si l’on a perdu ses goûts d’enfants !), la mousse de carambar, une boule de glace à la poire et un délicieux financier au chocolat. Mon mari a quant à lui pris des forces pour sa nouvelle année avec une entrée de Saint Jacques crues et un filet de boeuf façon Rossini. Coup de coeur pour l’entrée de Saint Jacques crues et le dessert à la mousse de carambar !

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Notre repas au restaurant gastronomique La Voile Blanche : la Saint Jacques et la morille servies en entrée, le turbot et le filet de boeuf façon Rossini en plat, le café gourmand en dessert

Coup de coeur aussi pour l’atmosphère du lieu. Pour rejoindre le restaurant, il faut entrer dans le musée, bifurquer au fond à droite vers la brasserie et prendre l’ascenseur derrière la porte de la brasserie La Voile Blanche pour rejoindre le restaurant du même nom, situé au premier étage du musée. Là haut, comme dans un bateau, on est comme suspendu dans l’espace et dans le temps. En cette journée grise, on se sentait bien dans ce cocon de transparence et de lumière avec ses miroirs, ses larges baies vitrées, ses nombreux luminaires et son mobilier épuré aux couleurs douces : le marron des tables en bois brut, le blanc des chaises et l’or des lampes, quelques banquettes en tissu, une grande table familiale dans un coin. Quelques touches discrètes de nature s’invitent dans le décor : des plantes vertes près des fenêtres et des coupelles emplies de roses rouges coupées sur chaque table. Derrière les baies vitrées, on devine d’autres tables sur une terrasse où il fera bon s’asseoir aux beaux jours. Le décor se referme avec la façade de béton gris du nouveau centre commercial Muse en construction, comme si nous nous trouvions dans un écrin. Même si la salle est remplie, l’ambiance reste feutrée car il y a de l’espace entre les trente convives – majoritairement des professionnels et quelques couples en ce milieu de semaine. Et peut-être d’autres touristes comme moi ?

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La Voile Blanche, restaurant du Centre Pompidou Metz

 

Après le restaurant, il a suffi de traverser le hall et rejoindre l’ascenseur qui dessert les galeries. Le spectacle commence dès l’ascenseur panoramique qui s’élève sous la ruche en bois et la voile blanche, à des dizaines de mètres au-dessus du hall (venteux et glacé en ce début d’hiver). Grâce au Pass-M, pas besoin de faire la queue au guichet des billets, j’ai pu me rendre directement à l’entrée des galeries et présenter ma carte d’abonnement. Pour 37 euros par an, je peux visiter autant de fois que je veux les expositions du Centre en y invitant une personne de mon choix à chaque fois. Comme il y a au moins trois expositions différentes par an, et que la programmation 2017 promet d’être extraordinaire avec des expositions sur les jardins et sur le Japon, je pense avoir fait une excellente affaire !

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Il fait bon s’exposer et se promener au  Centre Pompidou Metz !

 

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Galerie 3 du Centre Pompidou Metz
D’habitude, les expositions du Centre Pompidou Metz empruntaient leurs oeuvres à l’immense collection de leur maison mère, le Centre Pompidou de Paris. Mais le Centre de Metz use aussi de sa situation à la frontière allemande et coopère avec les établissements outre Rhin pour concevoir et mettre en scène des expositions originales. Durant le temps de sa rénovation, 230 oeuvres du Saarlandmuseum (Musée de Sarre) ont trouvé à Metz mieux qu’un abri : une fabuleuse vitrine. La scénographie était de grande qualité.
Comme l’exposition était très longue et très fournie, j’ai passé presque deux heures à parcourir les treize salles, en passant beaucoup de temps dans les six premières et en accélérant à la fin car l’heure tournait… et que je suis encore bien hermétique à l’art abstrait. Je la trouvais bien douillette cette Galerie 3 ! Il y fait bon car les salles se doivent d’être maintenues à 21 degrés, température de bonne conservation des peintures (et de nos corps qui marchent doucement aussi !). A chaque salle sa couleur. Le choix des couleurs des murs, différent dans chaque salle, rehaussait les couleurs des tableaux et reflétait en un clin d’oeil la tonalité des oeuvres accueillies. Les salles impressionnistes, expressionnistes et fauves étaient en bleu et jaune chaleureux. Changement de registre dans les deux salles de la guerre en rouge sang, et la salle de l’entre deux guerre en gris. Enfin, les tons étaient plus clairs et neutres pour les dernières salles abstraites.
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J’ai d’autant plus profité de ces beaux espaces que la galerie était peu fréquentée en ce mercredi après-midi. J’ai eu de conditions idéales pour admirer les tableaux à toutes les distances : m’avancer au plus près pour scruter les touches et les couches de couleurs, ou prendre du recul car les toiles impressionnistes le nécessitent pour capter le paysage d’ensemble. En milieu de visite, je me suis mise à contempler autre chose que les tableaux car la baie vitrée derrière les statues dansantes du Bauhaus ouvrait sur le paysage du centre historique de la Metz impériale et royale : sa cathédrale, la tour de la gare et le château d’eau.
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L’exposition Entre deux horizons au Centre Pompidou Metz : ce que j’en ai retenu

L’exposition visait à présenter des peintures, dessins ou sculptures allemands et français les uns à côtés des autres, pour montrer les correspondances artistiques entre artistes allemands et français des mouvements impressionnistes, expressionnistes, fauves et abstraits. A cette occasion j’ai pu mesurer le rayonnement de l’art français au XXème siècle sur l’Europe, et me familiariser avec les grands artistes allemands. Et j’ai eu le coup de foudre pour un grand peintre allemand, vous verrez bien vite lequel…

L’influence des artistes français sur les peintres allemands d’avant-garde

 
L’art français a connu un rayonnement sans pareil au XXème siècle ! D’incroyables événements en 2016 se sont plus à nous le rappeler. L’admirable exposition Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton à Paris nous aura appris à quel point la peinture française était admirée et collectionnée jusqu’en Russie. Le fabuleux legs des millionnaires américains Spencer et Marlene Hays au Musée d’Orsay a témoigné avec éclat de l’amour du Nouveau Monde pour nos maîtres (nabis en particulier). Enfin, l’exposition Entre deux mondes au Centre Pompidou Metz nous montre que les artistes allemands d’avant-garde aimaient et aimaient s’inspirer des grands courants artistiques français, en dépit de la rivalité sanglante entre la France et l’Allemagne.
Après avoir vécu quelques années en France, le chef de file des impressionnistes allemands lui-même, Max Lieberman, collectionnait les oeuvres impressionnistes françaises ! Et les artistes allemands se rendaient au Café du Dôme à Paris, où se croisaient les écrivains, poètes, peintres, collectionneurs et critiques du monde entier en ce début de XXème siècle. Certains avant-gardistes français et allemands ont tissé des liens de travail, voire d’amitié, comme Rilke et Rodin, Purrmann et Matisse ou encore Léger et Baumeister. Tout cela a été illustré par des extraits de correspondances entre collectionneurs, ou entre artistes, présentés dans quelques vitrines au milieu des oeuvres après avoir été empruntés de la Bibliothèque Kandinsky du Centre Pompidou.
L’exposition s’attache à montrer l’influence des Français sur l’oeuvre des Allemands, aux époques de l’impressionnisme, puis de l’expressionnisme et du fauvisme, lorsque l’Allemagne était dirigée par l’empereur Guillaume II. A Paris, l’exposition Chtchoukine montrait comment les artistes français avaient influencé les peintres russes en exposant quelques-une de leurs oeuvres dans les dernières salles du musée. A Metz, toutes les salles illustrent les réponses des artistes allemands aux pistes lancées par les artistes français. Emil Nolde a repris les thèmes et l’organisation des compositions de Gauguin dans ses peintures de figures exotiques et primitives. Purrmann a créé une nature morte que l’ont pourrait prendre pour une oeuvre de Matisse, tant elle en reprend l’organisation, les couleurs et les motifs. Pourtant, l’art allemand est loin d’être une pâle copie de l’art français ! Les impressionnistes allemands ont une manière de peindre très caractéristique, marquée par de larges touches épaisses et si empâtées que cela fait un relief sur la toile.
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Enfin, la même d’organiser la dissidence envers l’art académique ou de créer collectivement était la même entre Paris et Berlin. Des groupes artistiques et des histoires parallèles se sont formées d’un côté et de l’autre du Rhin. Les impressionnistes français ont fait une sécession forcée en se voyant refuser une place au Salon officiel et en créant le Salon des refusés. En Allemagne, une Sécession s’est également organisée entre les codes officiels de l’art dictés par… l’empereur Guillaume II en personne ! La Sécession berlinoise a duré de 1899 à 1914 et rassemblé le très célèbre et influent Max Lieberman (ce riche peintre avait une grande maison bourgeoise servant aussi d’atelier et de musée juste à côté de la Port de Brandenbourg, provoquant ainsi ouvertement l’empereur !), mais aussi Lovis Corinth et Max Slevogt, dont les noms m’étaient inconnus jusqu’à ce jour. Voici quelques photos de leurs oeuvres pour que vous les découvriez aussi !
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Comme les artistes de Pont Aven, ou la cohabitation de Van Gogh et Gauguin à Arles, ou encore l’Ecole de Barbillon, les artistes germaniques ont recréé des groupes de peintres installés ensemble devant les mêmes paysages, comme Vassily Kandinsky et sa compagne Gabriele Munter dans leur maison russe de Murnau.
Les Allemands se sont formés en France, se sont inspirés des Français et ont créé leur propre oeuvre forte et originale. Ainsi, l’intérêt principal de l’exposition selon moi a résidé dans la découverte ou redécouverte des artistes majeurs allemands du XXème siècle. J’ai pu y étoffer les quelques bases acquises lors de mes cours d’allemand du collège et mis des oeuvres sur des noms : Der Blaue Rieter, Die Brücke, Ernst Ludwig Kirchner, Max Pechstein, Franz Marc, ou encore Emil Nolde, la révélation de cette exposition !

Les traces de la guerre dans les oeuvres des peintres allemands

Les artistes allemands ont payé un lourd tribu à la montée des nationalismes et du nazisme, ainsi qu’aux guerres franco-allemandes.
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Au début du XXème siècle, oser regarder ce que créaient les Français et s’en inspirer était une manière de s’opposer à l’académisme dans l’art imposé par les peintres classiques, mais aussi par… l’empereur Guillaume II lui-même, qui avait des idées bien arrêtées en matière d’art et d’architecture – comme nous le savons bien à Metz ! Cette opposition artistique a pris aussi une dimension politique et diplomatique. Dans cette période de tensions extrêmes être la France et l’Allemagne lors des montées du nationalisme pendant l’Empire allemand puis la période nazie, la domination française artistique réelle était lourde de sous-entendus. C’est pourquoi quelques décennies plus tard, les artistes allemands paieront cher leur liberté d’inspiration. Leur oeuvre libre et original, d’inspiration étrangère, sera banni de l’Allemagne nazie après avoir été qualifié d’art dégénéré. Les commissaires d’Entre deux horizons ont retrouvé une vidéo hallucinante de l’exposition sur l’art dégénéré organisée par les nazis à Berlin. Les nazis ont nommé les artistes et mis en scène les oeuvres en y annotant des critiques sur les murs pour désigner les peintres dégénérés et inciter le public à moquer d’eux. Le politique s’est arrogé la décision de désigner ce qui est de bon goût et ce qui ne l’est pas. Le film tourné lors de cette exposition montre une foule nombreuse de visages circonspects ou étonnés. Le public était-il venu renchérir sur les déclarations officielles ou profiter une dernière fois de ces oeuvres avant leur destruction ou leur dispersion par les nazis ? Ce rejet ne sonne-t-il pas comme une revanche politique des nazis sur la suprématie culturelle française, et l’occasion de revenir à un art pur allemand, dans la grande logique nationaliste ? Les nazis ont ensuite détruit un certain nombre d’oeuvres, dont certaines d’Emil Nolde.
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Enfin, les histoires politiques et artistiques de la France et de l’Allemagne étaient étroitement imbriquées. Les artistes ont sympathisé, les collectionneurs ont fait des affaires… mais les soldats se sont entretués, et on retrouve les chocs de la guerre dans les oeuvres de part et d’autre du Rhin. Artistes allemands et français ont vu leurs rangs se clairsemé pendant les deux guerres avec la mobilisation, et parfois la mort de certains. Comme Beckmann dont les dessins sont exposés, certains survivants ont subi des séquelles psychologiques, et beaucoup ont retranscrit les horreurs vécues ou entendues. Leurs dessins sont sobres, dans les tons noirs et blancs. Sont privilégiées les eaux fortes ou des gravures peuplées de visages tordus, ou plongés dans l’obscurité, quand il ne s’agit pas tout bonnement de crânes. Les crânes des vanités et natures mortes de Braque et Picasso ont été mises en regard d’une manière saisissante.
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On en a fini des peintures enfantines aux dessins  naïfs et aux couleurs vives du Blaue Reiter. Désormais, des artistes comme Georges Grosz (qui déclare que Paris n’est plus inspirante en 1925) et Otto Dix dessinent la mort et la misère. Seul le mouvement du Bauhaus (avec notamment Oskar Schlemmer) montre la vie et le mouvement, tandis que les surréalistes comme le dadaïste Max Ernst rejettent toute forme de rationalité, celle-là même qui n’a pu éviter la guerre – voire l’a amenée.
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Enfin, l’exposition chronologique Entre deux horizons témoigne de la transformation radicale de l’art après la seconde guerre mondiale, où l’on bascule quasi-systématiquement dans l’abstrait. La peinture est réduite à sa plus simple expression : des monochromes, de larges traits que je trouve incompréhensibles. La recherche formelle se fait désormais dans la photographie et dans les nombreuses techniques de prise et de tirage utilisées pour obtenir des compositions elles aussi bien abstraites. Artistes allemands et français finiront par se rejoindre dans un mouvement international commun, le Mouvement ZERO.
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Emil Nolde, la révélation de cette exposition !

Parmi les tableaux et dessins exposés, j’en ai trouvé des charmants, des saisissants, des amusants, des captivants. J’en ai rapporté ma galerie personnelle.
Le soleil de Max Pechstein qui nous accueille à l’entrée de l’exposition, est proprement éblouissant, à l’instar des soleils de Van Gogh.
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J’ai découvert des visages somptueux : le portrait de l’actrice japonaise Sadda Yakko réalisé par Max Slevogt (1901), la Face du Sauveur par lumière calme d’Alexei von Jawlensky, et l’impressionnant David et Goliath réalisé par Albert Weisgerber.
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Mais le peintre qui m’a épatée à plusieurs reprises et qui est définitivement consacré dans cette exposition est Emil Nolde. Il traite de sujets simples, visages, animaux, figures primitives, paysages, avec des couleurs et une composition exubérantes. Chacune des oeuvres exposées là m’a étonnée et épatée. Par exemple, ces vaches épaisses !
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Comme Gauguin et Van Gogh, qu’il admirait, Nolde est un inclassable et un passionné. Chaque fois qu’il a rejoint un mouvement, comme Die Brücke, la Sécession berlinoise ou la Nouvele Sécession, il en est rapidement parti afin de pouvoir librement poursuivre ses recherches. Comme Gauguin, il partira dans les Iles du Pacifique pour tenter la peinture primitive. Il a aussi fait de nombreux dessins et lithographies. Toujours pour exercer sa liberté de peindre, il a adhéré au parti nazi en 1935 afin de se faire accepter par le régime, mais s’est finalement retrouvé classé parmi les dégénérés et a subi l’interdiction de peindre. Exilé dans un petit village allemand pendant la guerre, il a fait des aquarelles comme des « tableaux non peints », qu’il a ensuite peints sur toile après la guerre. Mais il n’a plus quitté son village de Seebüll jusqu’à sa mort en 1956. Voici ma petite sélection de ses oeuvres exposées au Centre Pompidou Metz :
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Les deux dernières expositions que j’avais visitées étaient des expositions majeures à Paris : la fabuleuse collection Chtchoukine dans cet autre étonnant écrin architectural moderne qu’est la Fondation Louis Vuitton, et la feutrée « Rembrandt intime » pour laquelle j’ai eu la chance d’être guidée au Musée Jacquemart André. La barre était donc haute pour arriver à m’épater après ces deux expositions exceptionnelles. Mais le Centre Pompidou Metz a relevé le défi en m’instruisant sur l’art moderne allemand. Hélas, cette magnifique exposition aura fermé ses portes au 16 janvier 2017, mais j’espère que les extraits laissés sur adoptemetz.com vous enchanteront aussi ! 
Plus d’informations sur les expositions à venir, les horaires et les tarifs du Centre Pompidou sur www.centrepompidou-metz.fr
 
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4 Comments

  1. Quel article fourni et bien documenté !
    Je suis impressionnée. Tu as pris l’audioguide, ou tu y as été sans ? J’ai toujours hésité à en prendre un… Ça apporte réellement un plus ou pas ?

      1. Euh, je devais être moins attentive que toi… De mes cours d’allemand, je garde ça : Hallo Stephen, Hallo Uwe, Wohin gehst du, Auf dem Spielplatz, Kann ich auch gehen? Ja Natürlich lol.
        J’ai bien un vague souvenir d’avoir évoqué les peintres allemands, mais je n’avais pas accroché, je m’intéressais davantage à l’impressionnisme et au clair obscur de Georges de la Tour.
        Par contre, j’emmènerai mon arpète dans quelques mois pour l’exposition de Léger qu’il aime bien.

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