Drôle de printemps à Metz ! Le confinement au Pontiffroy

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Après un hiver dur et pluvieux, j’avais hâte de revoir les couleurs du printemps à Metz ! Mais, cette année, puisque l’épidémie de coronavirus impose le confinement, je ne sors que sur mon balcon, ou sur les bords de la Moselle côté Bliiida qu’une fois tous les deux jours durant 20 minutes. Je ne peux ni admirer ni vous faire admirer l’installation du printemps à travers la Ville avec autant de liberté et de joie que les autres années. Qu’à cela ne tienne ! Restons au Pontiffroy pour en admirer les grands magnolias, et prendre le temps de regarder la nature toute proche se réveiller et s’épanouir, jour après jour !

Un printemps pas comme les autres…

Il y a deux ans, je vous avais envoyé via ce blog mes bons baisers de Metz au printemps. Ce printemps était placé sous le signe de l’ouverture : ouverture des bourgeons, ouverture des chalets de location des pédalos et du glacier, ouverture des portes de lieux artistiques et professionnels pendant les Parcours d’artistes, ouverture culturelle à nos voisins allemands lors du Festival Metz est wunderbar… L’année passée, Metz vivait son « aventure de la couleur », du nom de la grande exposition en cours au Centre Pompidou-Metz.
Cette année, la nature s’ouvre, mais nous nous enfermons, et notre drôle d’aventure collective a moins de couleurs cette année… Nous n’irons pas au plan d’eau ni aux jardins fruitiers de Laquenexy. Ainsi, je ne peux vous montrer que le printemps dans mon quartier du Pontiffroy, comme un printemps sous cloche.
Début mars, en emmenant mes enfants à l’école, je les incitais à admirer les premiers arbres en fleurs, et à guetter tous les signes du retour du printemps dans le quartier du Pontiffroy et le quartier des îles. Comme ici, cet arbre à l’angle de la rue Chambière et de la rue des Bénédictins.
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Dimanche, nous avons passé une demi-heure au parc, avec des parents inquiets de leur organisation familiale, de leur organisation de travail proche (pour un papa logisticien) ou de leur survie économique à long terme (pour un couple de parents artistes dans une compagnie de théâtre).
Lundi, nous retournons 20 minutes au parc… le temps d’entendre deux mamans deux bancs plus loin évoquer leurs proches atteints du Covid-19 et de se précipiter à la maison ! Lundi soir, Emmanuel Macron nous confirmait l’obligation de se confiner totalement, et de s’interdire toute séance de toboggan ces prochaines semaines, et toute sortie avec les enfants. (Mais alors, à quoi pourrait bien servir mon blog, qui est dédié aux sorties et aux enfants ?!? NDLR)
Depuis, on ne voit plus d’enfant sur le pont Saint Georges, au parc de la place Valladier, sur les rives de la Moselle ni aux abords de la rue Chambière. En journée, l’humanité semble se résumer aux propriétaires de chiens, aux mamies à cabots et à caddie, et à quelques grappes de jeunes gens marchant vers le centre-ville, en bravant les interdictions. Pourtant, les risques de contrôle sont forts dans ce quartier qui accueille à la fois le siège de la police municipale et celui de la police nationale ! A 20 heures le soir, l’ambiance est très bruyante : l’un des voisins tape bruyamment sur des casseroles, c’est le signal pour que tout le monde sorte sur le balcon, applaudisse et crie en l’honneur du personnel soignant, et de toutes les personnes qui nous permettent de garder un quotidien sain et sécurisé : les agriculteurs, les distributeurs, les commerçants de bouche, les rippeurs. Je trouve aussi que c’est un bon moment de défoulement collectif et de communion. Il me réconforte et nous ressoude, après des journées d’isolement forcé.
Voilà pour les humains, mais quid de la faune et de la flore du Pontiffroy, ce quartier assez arboré en bord de Moselle ? Le printemps déverse ses couleurs sur Metz et sur le quartier : les roses délicats des arbres en fleurs, le vert brillant des feuilles à peine nées, le jaune vif des jonquilles, la blancheur immaculée des fleurs nouvelles. La plupart des arbres sont encore dénudés, on peut donc observer à loisir le ballet des oiseaux qui s’y joue, et qui est particulièrement intense en cette saison des amours ! On peut les admirer très brièvement en allant faire les courses ou un peu d’exercice… ou dans l’article ci-dessous !

Le prologue au printemps : la floraison des prunus

Les prunus sont les sentinelles du printemps. Toutes frêles et de couleur tendre, elles sont les premières à sortir et oser braver les froids hivernaux qui persistent jusqu’à début mars.
Elles offrent un cadre magnifique aux édifices du Pontiffroy et du quartier Saint-ferry, de part et d’autre du pont Saint-Georges : les ruines de l’église Saint Livier ou la synagogue.
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La symphonie des magnolias

Dans le Pontiffroy aussi, de grands magnolias s’ouvrent, les uns après les autres. Leurs teintes varient entre des roses très pâles et des violets profonds. Notre brève promenade de santé consiste à aller voir chaque magnolia et observer ses différentes phases de floraison. Les boutons ovales grossissent de jour en jour, la pointe colorée de la fleur finit par percer en haut du bouton, les pétales enivrés de lumière repoussent l’enveloppe grisâtre jusqu’à ce que celle-ci se rétracte sous les pétales ou tombe au sol (et celle-ci ne sent pas très bon !), et la corolle des pétales s’élargit et s’épanouit.
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La saison des amours

La saison des amours bat son plein. Confinée sur mon balcon, j’écoute et l’observe plus que mes derniers printemps, où j’étais enfermée au bureau sans aucune vue sur la nature.
De bruyants coups d’ailes nous font sursauter et lever les yeux vers un couple de pigeons bien affairés dans les pins nombreux qui longent la rue Chambière. Les corbeaux et les pies font les vigies sur les branches encore nues. Les merles s’affairent dans les pelouses fleuries pour se faire un festin de vers. Entre les pâquerettes, les pissenlits, les violettes, sautillent et butinent de petites abeilles. Tout le monde est dehors, en fait ! Sauf nous les humains …
La Moselle s’éveille
Il y a peu de choses à voir quand on n’a pas le droit de sortir plus de 20 minutes de chez soi pour une balade, ni aller au-delà de 2km (selon le Ministère des Sports). Alors pour se distraire, il faut faire plus d’efforts afin d’obliger l’attention à s’attarder sur tout, afin de regarder mieux et plus longtemps. Et finalement, que de petites histoires à découvrir !
Les saules ont verdi les premiers, avec un éclat ravivé par les rayons généreux du soleil que nous avons eu au début de la seconde quinzaine de mars. Tous les arbres sont encore nus, mais les fleurs roses, jaunes, blanches composent les premières touches du tableau printanier.
Les canards sur la Moselle vont tous en couple d’une rive à l’autre, ou agitent bruyamment leurs ailes pour se poser ou décoller de l’eau. Seul le héron s’obstine dans la solitude… le voyez-vous sur la photo ci-dessous ?
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Le printemps est loin d’être fini ! Mes arbres préférés près du lavoir ne sont pas encore fleuris. Je suis allée les surveiller hier : leurs bourgeons grossissent lentement mais sûrement. Bientôt, la cathédrale disparaîtra derrière les rideaux de feuillage… Promis, je vous montrerai la suite dans les prochains jours, lors de mes brèves et rares sorties pour les courses ou l’exercice.

En attendant, je partage avec vous un très beau texte « C’était en mars 2020 », d’un auteur inconnu, partagé sur la page Facebook de Parents Imparfaits et qui était tiré de ce site web :

C’était en mars 2020

Les rues étaient vides, les magasins fermés, les gens ne pouvaient plus sortir mais le printemps ne  savait pas.
Les fleurs ont commencé à fleurir, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, les hirondelles allaient bientôt arriver, le ciel était bleu, le matin arrivait plus tôt.

C’était en mars 2020

Les jeunes devaient étudier en ligne et trouver des occupations à la maison. Les gens ne pouvaient plus faire de shopping ni aller chez le coiffeur.
Bientôt, il n’y aurait plus de place dans les hôpitaux et les gens continuaient de tomber malades.
Mais le printemps ne savait pas.
Le temps d’aller au jardin arrivait, l’herbe verdissait.

C’était en mars 2020

Les gens ont été mis en confinement. pour protéger les grands-parents, familles et enfants. Plus de réunion ni repas, de fête en famille.
La peur est devenue réelle et les jours se ressemblaient.
Mais le printemps ne savait pas.
Les pommiers, cerisiers et autres ont fleuri. Les feuilles ont poussé.
Les gens ont commencé à lire, jouer en famille, apprendre une langue, chantaient sur le balcon en invitant les voisins à faire de même. Ils ont appris une nouvelle langue, être solidaires, et se sont concentrés sur d’autres valeurs.
Les gens ont réalisé l’importance de la santé, de la souffrance, de ce monde qui s’était arrêté, de l’économie qui a dégringolé.
Mais le printemps ne savait pas.

Les fleurs ont laissé leur place aux fruits. Les oiseaux ont fait leur nid. Les hirondelles étaient arrivées.

Puis le jour de la libération est arrivé.

Les gens l’ont appris à la télé. Le virus avait perdu.
Les gens sont descendus dans la rue, chantaient, pleuraient, embrassaient leurs voisins, sans masques ni gants.

Et c’est là que l’été est arrivé parce que le printemps ne savait pas. Il a continué à être là malgré tout, malgré le virus, la peur et la mort.
Parce que le printemps ne savait pas, il a appris aux gens le pouvoir de la vie.

Tout va bien se passer, restez chez vous, protégez-vous, et vous profiterez de la vie.
Lisez ceci, répandez-le et restez amoureux…

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