Les Montgolfiades de Metz, vues d’en haut !

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C’est devenu une tradition : à la veille de la rentrée des classes, je vais admirer avec enfants et amis l’envol des montgolfières au-dessus du Plan d’eau de Metz, dans le cadre de l’événement annuel des Montgolfiades. Cette année, mon rêve s’est réalisé : je suis monté dans un ballon et j’ai volé ! J’ai rejoint le groupe de lève-tôt qui a gonflé et élevé ses montgolfières dimanche matin dès 6 heures, pour une découverte du fonctionnement des montgolfières et un vol de 45 minutes au-dessus de Metz et sa Métropole.

Quel bonheur de partager avec vous tout ce que j’ai appris, et le récit de cette formidable expérience : mon premier vol en montgolfière !

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Avant de monter en montgolfière : trac et excitation (ou l’inverse)

Voler en montgolfière est un rêve de petite fille. Ce rêve est né lorsque je voyais ces ballons pointus et colorés flotter haut dans le ciel au-dessus de la Loire, ses forêts et ses châteaux, dans ma région d’enfance. En arrivant à Metz, j’avais eu la belle surprise de découvrir les Montgolfiades, cet événement qui clôt en beauté et en légèreté le mois d’août et toutes les animations estivales messines.

Cet événement est organisé par l’Association des Pilotes de Montgolfières de Moselle, avec le soutien de la Ville de Metz et de l’UEM. Une trentaine de pilotes de montgolfières déploient chaque matin et chaque soir leurs ballons colorés au plan d’eau.

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Mon cœur s’est envolé dès le mercredi lorsque j’ai reçu l’invitation de la Ville de Metz à participer à un vol, et j’ai attendu avec impatience que mon corps n’aille le rejoindre là-haut le dimanche !

Dimanche est arrivé ! C’est mon fils qui m’a levée à l’heure voulue (et là l’expression « de bonne heure » prend tout son sens !) pour un câlin nocturne. Après l’avoir recouché, j’ai sauté dans mes vêtements, bu mon café brûlant, fait mon sac à dos et marché d’un bon pas pour me réchauffer dans mes 9 degrés ambiants ! La ville était encore sombre et silencieuse, mais le ciel commençait à virer au bleu autour de la demi-lune étincelante. J’étais assez impressionnée en traversant le parc du plan d’eau dans la nuit totalement sombre, au point de devoir deviner les chemins. Mais je savais que l’aube vue d’en haut allait être magnifique !

Je suis arrivée au moment où les pilotes de montgolfières et leurs assistants garaient leurs jeeps et leurs remorques sur l’espace de décollage. Sous la grande tente blanche qui fait accueil, catering et point de rassemblement, que de monde rassemblé de bonne heure et de bonne humeur ! Cafés et croissants à volonté ! Jean, baskets et coupe-vent sont l’uniforme, comme attendu quand on se rejoint à la fraîche ! Me voilà plongée dans une véritable communauté de passion dont je vais découvrir les rites.

Je rencontre mon pilote : Éric Rouhaud et salue son assistant Bruno. J’apprends alors que notre décollage est conditionné à l’accord de la Préfecture, qui dépend lui-même de la météo – non pas celle du soleil et des températures, mais des vents en altitude. La DGACL doit également prévenir les aéroports de Luxembourg et de Lorraine que leurs avions au décollage et à l’atterrissage pourront rencontrer des montgolfières dans leur aire. D’ailleurs, celles-ci sont prioritaires sur les avions puisqu’elles ne peuvent dévier leur trajectoire. Une montgolfière ne peut que monter ou descendre selon les gaz que lui donne son pilote, mais pour la route et la destination c’est le vent qui décide !

Après le café – croissant, les organisateurs font l’appel puis annoncent que les conditions climatiques sont favorables et les vols autorisés, tout en mettant les pilotes en garde contre les rafales de vent sur le « plateau » et en leur demandant de se brancher sur la radio commune à la fréquence 122-125. J’apprends aussi que les pilotes de montgolfière ont une épreuve à accomplir ce matin : la chasse au renard ! Ils vont devoir se poser le plus près du ballon « renard », autrement dit la montgolfière de l’organisation qui a décollé et atterri avec pour mission de définir le point d’arrivée.

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Comment on prépare une montgolfière à voler

Et c’est parti ! Avec Éric, Bruno et mes compagnons de vol, nous rejoignons notre emplacement de décollage et aidons Éric et Bruno à sortir de la remorque tout le matériel : dans l’ordre, les bonbonnes de gaz, la nacelle en osier, le ballon et le ventilateur. Je volerai dans un grand ballon noir, sponsorisé par l’agence de communication mosellane Grand Angle Communication.

Habituée à regarder de loin le gonflage et le décollage des montgolfières alignées les unes à côté des autres, je vais cette fois-ci contempler de très près, et même participer, à la mise en place de ma monture volante !

Éric s’occupe de hisser les deux brûleurs au-dessus de la nacelle et faire le raccordement des tuyaux, puis allume les brûleurs. Un gros souffle se fait entendre, et les flammes jaillissent vers le ciel.

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Ensuite, on allonge la nacelle au sol. Bruno sort la toile de son sac et la déroule sur la pelouse. La toile est longue de 25 mètres, et représente 3 000 mètres cubes (les modèles de toile les plus petits font 2 000 mètres cubes, les maximums vont jusqu’à 5 000 mètres cubes, pour pouvoir transporter jusqu’à 30 personnes réparties dans plusieurs nacelles reliées les unes aux autres).

La toile est ensuite raccordée par quatre mousquetons aux quatre angles des brûleurs, avant que l’on n’allume un gros ventilateur d’un mètre de diamètre qui souffle vers le ballon durant 5 minutes. Avec ma compagne de vol, je suis chargée de tenir la toile pour que l’air puisse s’y engouffrer. La toile est de plus en plus tendue, cela tire aussi sur nos bras ! Avec l’aide d’un troisième spécialiste des montgolfières, Éric redresse la nacelle et la montgolfière : il envoie les gaz vers le ballon, et la force qui s’en dégage permet de relever la nacelle presque sans effort.

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Mais maintenant le ballon veut décoller ! Nous montons dans la nacelle en osier. Voilà deux mètres carrés à peine à se partager entre quatre personnes et quatre bonbonnes ! On verra plus tard que c’est à l’atterrissage que nous avons le plus souffert de cet entassement !

Envol !

Au moment du décollage, j’avoue avoir peu compris ce qui se passait. Deux hommes nous maintenaient au sol en tirant et poussant sur la nacelle, qui commençait doucement à tanguer. J’avais un peu le mal de mer ! Puis la pelouse s’est éloignée de mes pieds, le plan d’eau m’est apparu avec les ballons tout autour encore posés au sol… ça y est, nous avions décollé ! Et Metz m’est apparue, ainsi que sa Métropole.

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D’un côté la Cathédrale Saint-Etienne et le Temple de la Garnison en contre-jour devant le soleil levant, de l’autre le stade Saint Symphorien et les canaux de la Moselle, dans une lumière totalement pure.

Et le silence fut.

Et elle est là, la perfection de la montgolfière : c’est la contemplation sans bruit et sans filtre du paysage, sans le ronronnement des moteurs et l’enveloppe d’acier des avions. Ce n’est pas qu’un moment de grâce, c’est un état de grâce !

Nous avons survolé les arbres, dont les formes des branchages sont incroyables vus du dessus. Nous avons frôlé les lignes régulières et interminables des champs labourés. J’ai suivi des yeux les routes et les cours d’eau rectilignes de Longeville et de Montigny-lès-Metz, avant que nous ne survolions l’immense base aérienne de Frescaty où un lièvre faisait son jogging matinal.

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Tandis que nous admirions et photographions le paysage, Éric lui avait bien d’autres préoccupations : prendre garde au vent très violent qui battait le plateau (30 km/h c’est en fait une vitesse très rapide !), suivre le renard pour se poser le plus près possible de lui et tenter de remporter l’épreuve du jour, et être vigilant lorsque la montgolfière est venue taper le sol, attirée subitement par l’attraction terrestre au moment où elle se rapprochait des champs. Car nous avons volé assez bas en définitive, bien plus bas que ce que j’imaginais pour ce vol.

Nous n’avons pas fait que survoler des mosaïques de rues ou de champs, perchés à des milliers de mètres d’altitude ! Nous avons frôlé les cimes des arbres et pu compter les lignes de terre dans les champs de Fey !

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Atterrissage mouvementé !

En 45 minutes de vol, avec des pointes de vitesse à 32 km/h, nous sommes allés jusqu’à Fey. Éric m’a prévenu : quand on entame la troisième bouteille de gaz, il faut chercher le terrain où atterrir ! La quatrième bonbonne est là en secours et n’est utilisée qu’en absolue nécessité. Éric nous prévient qu’à cause du vent, l’atterrissage va secouer ! Il nous ordonne de ranger nos appareils photos, de nous tenir aux poignées intérieures à la nacelle et d’être souple sur les genoux. C’était très important pour lui, qu’on soit souple sur les genoux.

Boum !

Me voilà projetée en avant dans la nacelle, le menton contre la bonbonne de gaz.

Boum !

J’ai à peine le temps de récupérer du choc que mes compagnons me tombent le dos, tandis que je suis à genoux sur la nacelle. Ça secoue, ça tangue, ça cogne dans un sens puis dans l’autre. Je suis en-dessous et ne vois rien, et ne comprends rien. J’en ressortirai avec des égratignures à la main et au genou.

Je me suis demandée si les atterrissages étaient toujours aussi rock and roll, mais il semblerait que c’est moi qui ai compliqué mon propre atterrissage en appuyant mon pied sur la corde rouge, l’une des deux cordes qui servent à tirer sur la soupape pour dégonfler le ballon…  La nacelle a subi tous les chocs mais n’a rien, car l’osier qui la compose (et qui a été tressé à la main) est à la fois très malléable et résistant !

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Nous voici au milieu d’un champ, au milieu de nulle part. A deux cents mètres de nous, les passagers de la montgolfière renard marchent dans le champ et replient leur ballon. Notre assistant Bruno ne tarde pas à nous rejoindre avec la jeep et la remorque, et nous entamons le reliage du ballon et de la nacelle. Mais avant, nous devons chercher le matériel perdu par mes compagnons lors de l’atterrissage : lunettes et téléphone ! Nous voilà à arpenter le champ en contemplant les rangées de terre et d’épis desséchés. Je vous avais prévenus : ça a bien secoué ! Finalement, tout était resté coincé dans la nacelle entre la paroi d’osier et une bouteille de gaz.

On replie le ballon, tout en évitant de le toucher car la toile en polyester est encore brûlante, et extrêmement fragile : enfilage de la toile dans un trombone géant pour la rassembler, puis ré-enroulage dans son gros sac. Le tout pèse 120 kg ! Remballer son sac de couchage dans son étui toujours trop étroit n’est qu’une partie de plaisir à côté !

Tout est remis dans l’ordre précis à l’intérieur de la remorque : le ballon au fond à côté du ventilateur, la nacelle et ses brûleurs, les bonbonnes de gaz que nous irons faire recharger immédiatement en revenant à la base générale au plan d’eau.

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Après le vol : tout sur les montgolfières

De retour à la base au plan d’eau, notre équipage a pris le petit-déjeuner et j’ai pu poser toutes mes questions à Éric, parmi les autres pilotes, assistants, passagers et familles rassemblés dans une ambiance amicale autour des tables dehors. Les pilotes se connaissent très bien, d’où cette communauté amicale ! J’y ai rencontré aussi Pauline, la plus jeune pilote française, qui s’est classée quatrième de ces Montgolfiades messines.

Ces hommes et ces femmes dévoués et passionnés, sont avant tout formés et contrôlés très rigoureusement. Pour obtenir son brevet de pilote de montgolfière, il faut réussir son « code » qui comporte 400 questions dont 10 éliminatoires sur la météo, et seulement 5 fautes autorisées. Ensuite, suivre 20 heures d’apprentissage au minimum et assurer 2 heures de vol seul. Par la suite, il faut trouver un sponsor pour avoir une montgolfière. A l’issue de chaque course, le pilote doit remplir son carnet de vol personnel et celui de son ballon. Le ballon suit un contrôle technique régulier, et si une pièce est défectueuse, il est obligatoire de la changer et non la réparer. Les passionnés sont tout le temps sur les routes, pour faire les Montgolfiades de France, et jusqu’aux Championnats du monde en Pologne en septembre prochain, ou accepter l’invitation d’un Emir à faire voler son fils pour son anniversaire !

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Depuis ce moment, je ne regarde plus le ciel de la même façon. J’y suis montée, je me suis fondue dedans. Et l’émotion qui m’étreint lorsque je regarde une montgolfière quitter le sol et s’élever est intacte, même si désormais je sais que sous son apparente légèreté, il y a du poids de matériel (120 kg de toile de ballon ! 90 000 euros minimum pour équiper un ballon !) et du temps de montage et démontage de matériel lourd : au moins une demi-heure avant et après, avec l’aide de 3 personnes au moins.

J’ai réalisé un rêve ancien, c’est aussi une étape dans ma vie ! Et cerise sur le gâteau, j’ai même gagné un diplôme qui salue ma conduite vaillante durant ce moment unique (et notamment à l’atterrissage !). Allez, maintenant je me tais et vous laisse admirer Metz et la Moselle vues du ciel à l’aube…

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